Du côté du diocèse Enregistrer au format PDF

Appel aux dons du CCFD-Terre Solidaire

APPORTE TA PIERRE POUR UN MONDE MEILLEUR »

Christian Steunou
Christian Steunou

APPORTE TA PIERRE POUR UN MONDE MEILLEUR » (homélie 21 /07/2019)

Mes amis bonjour, Je pense que beaucoup parmi vous connaissent Jean Vannier, le tondateur des maisons de l’Arche …. Jean Vannier nous a quitté en mai dernier mais son esprit et son œuvre ont marqué toute une génération de jeunes et de moins jeunes qui avaient le souci des marginaux et des exclus de nos sociétés ….. Comme autrefois St Camille, St Jean de Dieu, St Vincent de Paul ont eu le souci des malades les plus pauvres et des abandonnés de leur temps … comme il y a quelques décennies, Raoul Follereau l’avocat infatigable des lépreux …. Comme l’Abbé Pierre, comme sœur Emmanuelle, et comme aujourd’hui notre frère Béninois, Grégoire a le souci des malades mentaux, ces exclus parmi les exclus en Afrique ….

C’est en pensant à tous ces devanciers que j’ai choisi l’Evangile de ce jour : le récit du lavement des pieds Jean Vannier disait que ce récit est le récit de l’institution du sacrement du service des frères Oui, le sacrement du service des frères … Vous ne connaissiez pas encore ce sacrement et pourtant c’est le seul dont parle Saint Jean dans son Evangile, à l’endroit même ou les autres Evangiles parlent de l’institution de l’Eucharistie …. L’eucharistie, le lavement des pieds c’est tout un : en Jésus, Dieu se met à notre portée, Dieu se met à nos pieds, Dieu se fait nourriture pour nous, pour montrer à quel point tout homme est important pour Lui.

Le sacrement de la tendresse, le sacrement du service des frères, le sacrement de l’eucharistie : c’est presque la même chose … ou c’est la même chose ! Je ne suis pas un grand théologien, mais j’ai commencé à préparer cette homélie en salle d’opération à Zagnanado, pendant que la sœur Julia opérait juste à côté … (Sur la page d’ouverture de mon ordinateur était écrit une phrase de Saint Camille, notre fondateur :« le lit du malade est l’autel autour

Oui tout homme est important pour Dieu Du quel se déroule attentive et affectueuse la liturgie du service. ») La journée opératoire à Zagnanado dure souvent 11 ou 12 heures, de 7 h jusqu’à 20 ou 21h, et il n’est nullement déplacé de parler de sacrement du service des frères. Les jeunes médecins qui secondent actuellement la sœur, et qui ont déjà parcourus un peu tous les grands hôpitaux du Bénin, découvrent un monde de misère qu’ils ignoraient jusque-là. Ils ont vu des hôpitaux plus modernes et mieux équipés que les nôtres mais ils n’avaient pas vu ces foules et ces misères !!! Les malades vont là ou ils savent qu’ils seront soignés même et surtout s’ils sont pauvres !

La liturgie du service, le sacrement du service des frères, c’est un peu notre vie de tous les jours au Bénin Et en le disant je pense à la petite sœur Ida, une petite sœur Béninoise très discrète qui s’occupe tous les jours et même jour et nuit, de nos amis malades mentaux hospitalisés à Davougon … Elle s’occupe aussi des tétraplégiques, ces jeunes paralysés qui sont parfois abandonnés par la famille dans notre Centre. Elle était venue à Davougon, envoyée par Grégoire pour un petit stage de 2 ou 3 mois …. cela fait déjà 5 ans. Quand elle parle de ces malades, les plus difficiles pour les autres, elle parle de « mes amis » … et on sent très bien que ce n’est pas seulement une formule mais bien une réalité. Dimanche passé, fête de la Saint Camille, elle s’est engagée définitivement au service de ces « pauvres parmi les pauvres ». Sans bruit elle a apporté une grosse pierre à la construction du Centre de Davougon.

A son contact, j’ai vu Charlène, la jeune coopérante qui travaille avec nous depuis un an et demi, s’attacher avec bonheur à tous ces malades. Charlène va bientôt nous quitter pour revenir en France mais je sais que son cœur va rester très longtemps avec ces amis là bas ! Elle pensera surement à Thibault qui est paralysé des 4 membres. Seuls bougent les doigts de sa main droite, mais c’est juste assez pour pouvoir correspondre par WhatsApp avec les anciennes coopérantes qui ont précédées Charlène et qui ont été marquées par son contact.

Oui mes amis le sacrement de la tendresse, le sacrement du service des frères, sont une réalité dans ces Centres de santé que vous soutenez depuis plus de 30 ans. Il ne faut pas croire pour autant que c’est tous les jours le paradis sur terre : il y a des jours ou c’est très dur, très éprouvant. Ces longues journées, ces gros pansements douloureux sans anesthésie, ces misères sans nom, ce n’est pas toujours facile … Mais il faut continuer à cause de ces malades, ces enfants abandonnés, ces pauvres qui ont besoin de nous …. Qui ont besoin de VOUS mes amis !!!. En écoutant les nouvelles sur RFlle soir j’ai souvent envi de crier et de hurler ma révolte …. Oui, ma révolte quand je vois l’égoïsme de certains riches qui ne cherchent que leur profit et leur bien être égoïste, et oublient totalement la majorité de leurs frères qui meurent de misère et de souffrance. C’est plus facile de fermer les yeux et d’ignorer la souffrance des autres … On peut même vivre au milieu de la misère sans la voir … j’ai vu un jour une jeune Béninoise venir de Cotonou avec une amie : elle n’a pas pu supporter de rester 3 heures à Davougon : elle ne savait pas que tant de misères existaient dans son pays, à quelques km de chez elle !

Merci à chacune et merci à chacun de vous d’avoir osé regarder cette misère et d’avoir choisi de la combattre avec nous. Merci à chacune et chacun de vous pour votre pierre, cette pierre sans laquelle le Centre de Davougon ne serait pas ce qu’il est ! Merci pour vos prières dont nous avons besoin ! Merci pour ces tonnes de papier que vous ramassez chaque année et qui ont permis de soigner des milliers d’enfants, puis de leur donner une formation et un métier.

Merci pour ces petits et grands dons anonymes qui sont transformés en tonnes de compresses, de bandes à pansements, de matériel chirurgical et de médicaments. Sans vous nous ne pourrions jamais fournir à plus de 80.000 malades chaque année les médicaments dont ils ont besoin, à un prix abordable pour tous.

Merci de participer avec nous, chacun à votre manière, chacun en apportant sa pierre, à cette construction au Service des frères. Merci à ceux qui grillent le poulet en ce moment et à ceux qui vont servir le repas tout à l’heure. Merci à ceux qui travaillent autour de l’Association, et qu’on ne voit pas. Merci à ce petit garçon qui, tout seul, a ramassé quelques dizaines d’Euros en quêtant dans son quartier ! Mille MERCIS à toutes et tous ! Merci à chacun et chacune pour cette pierre unique et irremplaçable que vous avez apportée. Aucune pierre n’est inutile dans une telle construction qui sauve des pères et mères de familles et qui rend la vie à des enfants perdus !! ! MERCI pour eux. Soyez heureux pour cette pierre que vous avez apportée ! Que la Tendresse de Dieu repose sur vous !

Christian, Serviteur des Malades.

Communiqué de Mgr Denis Moutel - Mardi 17 mars 2020 (19h)

Communiqué de Mgr Denis Moutel - Mardi 17 mars 2020 (19h)

Après les interventions du Président de la République et du Ministre de l’Intérieur, dans la soirée du lundi 16 mars, les dispositions ci-dessous sont prises, jusqu’à nouvel ordre, pour l’ensemble du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier.

Ce communiqué a été préparé avec mes collaborateurs directs et le bureau du Conseil Presbytéral. Il est complété par les indications reçues de la Conférence des évêques de France et de la Préfecture des Côtes d’Armor.

Décisions à mettre en œuvre.

  • Aucune messe publique ne doit être célébrée, ni le dimanche ni en semaine. Les églises peuvent rester ouvertes pour la prière personnelle.
  • La messe pourra être célébrée dans des communautés religieuses bien déterminées, qui ont un prêtre résident. Il sera sage que la communion soit distribuée par une des religieuses. La participation de personnes étrangères à la communauté n’est pas possible, comme c’est déjà le cas pour la résidence des prêtres du Cèdre.
  • Pour le moment, les obsèques peuvent être célébrées, dans les églises dans la plus stricte intimité familiale, en veillant à limiter l’assistance à 20 personnes maximum qui garderont entre elles une juste distance. La chorale n’est pas adaptée en cette circonstance. Dans le respect des consignes sanitaires, seul celui qui guide ou préside fait le geste de la lumière et bénit le corps avec l’eau. Les autres fidèles s’approchent et s’inclinent sans toucher le cercueil en faisant le signe de croix sur eux-mêmes, s’ils le souhaitent. Le geste de paix et les condoléances ne seront pas proposés.
  • Tout rassemblement étant interdit, à l’exception des funérailles, jusqu’au 15 avril au moins, baptêmes, mariages, confirmations, professions de foi, premières communions, sont à reporter sans indication de date, compte tenu de l’évolution incertaine de la situation.
  • Au titre des « déplacements pour l’assistance des personnes vulnérables », les prêtres peuvent se déplacer pour porter les sacrements dans les situations d’urgence. Chacun veillera toujours à respecter les gestes-barrières préconisés pour protéger les autres comme soi-même.
  • La Maison diocésaine Saint-Yves est fermée jusqu’à nouvel ordre. Un accueil téléphonique est assuré. Il en est de même pour toutes les Maisons paroissiales. Aucune réunion ne doit s’y tenir. Aucun bénévole ni aucun salarié ne doit s’y rendre.
  • Enfin, le sanctuaire marial diocésain « Notre Dame de Toute-Aide » est fermé. Cependant la prière de neuvaine y est récitée tous les jours à 15h00 par les religieuses de la communauté.

Délivre-nous de tout mal, et donne la paix à notre temps !

Devant la menace de cette épidémie, nous comprenons bien que la véritable fraternité consiste à s’éloigner physiquement du prochain. Mais nous ne pouvons en rester là : il s’agit de vivre autrement la rencontre et la communion. Prenons des nouvelles des personnes isolées, proposons une course, un service, une démarche. Prenons des temps de partage en famille, y compris sur le plan spirituel pour écouter la Parole de Dieu, prier ensemble et vivre autrement le dimanche, jour du Seigneur. Gardons le contact en paroisse, en communauté, dans toutes nos associations. Les moyens ne manquent pas : téléphone, internet, réseaux sociaux. Soyons inventifs.

Dans les jours qui viennent, le diocèse comme les paroisses, donneront des éléments pour nourrir notre vie spirituelle et accompagner notre chemin de carême, personnel et familial. Le moment venu, nous partagerons d’autres informations sur la manière de vivre la Semaine Sainte. Je reviendrai moi-même vers vous, chaque semaine, pour que nous gardions la communion diocésaine.

La prière chrétienne de supplication et d’espérance nous tourne vers les personnes malades ou âgées qui sont privées de visite, vers les soignants qui se dépensent sans compter, vers ceux qui vivent une situation de précarité et subiront durement cette crise pendant et après l’épidémie, vers les prisonniers, les sans-logis, les migrants. Ecoutons ce que le Seigneur nous demande de vivre avec eux et pour eux.

Par l’intercession de Notre-Dame de Toute-Aide, Dieu notre Père, nous te prions :

Relève notre espérance quand nous pourrions vaciller.

Garde-nous dans une charité attentive et qui prend soin.

Renforce notre foi afin que nous grandissions dans la certitude

que tu nous aimes comme un père,

+ Denis MOUTEL Évêque de Saint-Brieuc et Tréguier

Épidémie de COVID-19. Communiqué de Mgr Denis Moutel

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