Homélie du 7e dimanche de Pâques le 24 mai 2020 Enregistrer au format PDF

Samedi 23 mai 2020
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Chers frères et sœurs,

Entre l’Ascension et la Pentecôte, l’heure est à la prière. La liturgie de la Parole de ce 7e dimanche de Pâques nous montre l’Église en train de naître. C’est une Église en prière. Prière, de la part des Apôtres réunis au Cénacle avec Marie (Ac 1,12-14). Ce sera la tâche première de l’Église naissante : puiser dans la prière confiante, la force d’accomplir ce que le Christ nous confie. Prier, pour rendre grâce d’être chrétien, même quand ça devient plus difficile et que nous risquons de souffrir pour le Christ (1P 4,13-16). Prier, en suivant l’exemple de Jésus qui, souvent s’en est remis en toute confiance à son Père (Jn 17,1b-11a). Prier, c’est s’abandonner, dans la confiance, à l’amour du Seigneur pour qu’il nous façonne à son image, pour sa gloire.

Au jour de l’Ascension, Jésus a disparu au regard des siens. Ils s’en sont retournés du mont des Oliviers à Jérusalem. La mort de leur Maître les avait éparpillés. Mais pendant quarante jours, ils ont fait l’expérience de Jésus vivant. Ce n’est plus seulement l’ami d’autrefois. Ils reconnaissent en lui « Mon Seigneur et mon Dieu ». Désormais, il vit d’une vie toute nouvelle. Ils se rendent au Cénacle pour un temps de prière. Une grande mission les attend ; mais pour cette mission, ils ne seront pas seuls. Jésus leur a promis la venue de l’Esprit Saint. Pendant dix jours, ils vont rester en prière pour se préparer à sa venue. Chers frères et sœurs, c’est également important pour nous : avant de prendre des décisions qui engagent toute une vie, nous commençons par un temps de prière. Quels que soient nos engagements, nous avons tous besoin de ces temps de prière. Ils nous permettent de nous ajuster à ce que Dieu attend de nous. C’est son amour que le monde doit pouvoir reconnaître en nous.

Dans cette Église naissante, saint Luc souligne la place de Marie, la Mère de Jésus. Elle était présente dans le groupe des Apôtres ; elle l’est aussi dans l’Église d’aujourd’hui. Aujourd’hui comme autrefois, elle est là pour nous renvoyer au Christ et à son Évangile. Elle ne cesse de nous dire : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Et ce que Jésus nous dit, c’est de puiser à la Source d’eau vive qui est en Dieu.

Dans l’Évangile de ce jour, c’est Jésus qui est en prière ; tout commence par ces paroles : « Père, glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie ». Cette parole risque parfois d’être mal comprise. Dans notre monde, la gloire, c’est la renommée. Beaucoup sont prêts à tout pour se mettre en valeur et obtenir des distinctions honorifiques. Dans la bible, c’est tout autre chose : la gloire c’est la valeur réelle de la personne, c’est son poids. Saint Paul nous le dit à sa manière : « Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien » (1Co 13,1-2).

Cette prière de Jésus nous montre sa totale communion avec son Père. Ils sont liés l’un à l’autre par une communion éternelle. Les Évangiles nous disent que Jésus passait parfois des nuits entières à prier son Père. Cette union dépasse tout ce que nous pouvons vivre à notre niveau. Elle nous montre l’intensité de la prière de Jésus et nous en sommes éblouis. Ce qui est extraordinaire c’est qu’il veut nous associer tous à cette prière. C’est avec lui que nous découvrons le bonheur de prier.

Chers Frères et sœurs, avec Marie Notre-Dame de Toute-Aide et avec toute l’Église, tournons-nous vers le Seigneur ; dans la prière, préparons-nous à accueillir le don de son Esprit. Amen. 

   Bon dimanche à toutes et tous !

Père Jean-Jacques