Se préparer à une Semaine Sainte

Se préparer

à une Semaine Sainte

Une semaine avant Pâques, les chrétiens comptent les jours et se souviennent. La Semaine Sainte nous rend contemporains d’un événement unique, la mort et la résurrection du Seigneur Jésus.

Cet événement donne sens à notre vie, à ce que sera notre propre mort et, dès à présent, à ces morts partielles que nous éprouvons quand il nous faut renoncer à des activités ou bonheurs actuels.

Le temps du Carême sera venu nous délester de ce qui nous encombre, nous réorienter à la fois vers Dieu et vers nos frères en humanité.

VOICI L’HOMME

ose proclamer au soir de chaque Vendredi Saint le récit de la Passion dans l’Évangile selon Jean (19,5) : l’Homme enfin réussi ! Et en Lui, voici tous les hommes.

Que doit être dès lors la route de l’Église ?

En Jésus Christ, écrivait le pape saint Jean-Paul II,

Marcher vers l’homme de la manière assignée une fois pour toutes à l’ glise dans le cours changeant du temps est en même temps s’avancer vers le Père et son amour (encyclique Riche en miséricorde § 1). Nous nous incorporons ainsi au Christ dans son mouvement vers le Père.

Créés libres et pour le devenir, nous entrons dans ce dynamisme de salut par une adhésion libre, par la foi et les sacrements de la foi. Le Carême fait mémoire de notre baptême et, pour les catéchumènes, il le prépare. Quand, par son Évangile, Jésus-Christ fait irruption dans une vie, il ne peut être que radicale nouveauté. Se retournant sur la préhistoire de sa foi, le converti peut dire comme Jacob à Béthel : Le Seigneur était là et je ne le savais pas (Genèse 28,16).

Et pourtant dans son baptême, (comme dans l’Eucharistie dont fait mémoire le Jeudi Saint), quelque chose d’absolument nouveau lui est advenu : Tu es mon fils, moi aujourd’hui je t’ai engendré. Dans un vrai dialogue, chaque croyant peut devenir lui-même en acceptant de ne pas être sa propre Source ni sa référence ultime, en acceptant d’exister par l’Autre.

Invitation donc à nous décentrer de nous-mêmes pour nous ouvrir, dans cette dépossession, à la joie d’un Dieu qui sauve, ne plus seulement parler du Seigneur mais s’ouvrir à lui dans le Tu de la prière, etc. Au-delà du regard des autres, voire de celui que nous portons sur nous-mêmes, demeure ce regard d’un Père qui ne cesse de nous engendrer à une vie nouvelle, à la suite de Jésus, comme fils dans le Fils.

« L’alléluia de la Veillée pascale le proclamera, nous sommes déjà passés de la mort à la Vie…  »

P. Robert Josse